Comparatif
Houblia ou le module stocks de votre logiciel, que choisir
Beaucoup de brasseries pilotent déjà leurs recettes, leurs commandes, leurs consignes de fûts et leur facturation dans un logiciel de gestion. Il affiche des stocks, il sait combien de fûts sont partis, et la tentation est grande d’en tirer la déclaration. Le malentendu tient en une phrase: un module de stocks compte des unités vendables, la comptabilité matières compte des hectolitres degrés taxables. Ce ne sont pas les mêmes objets.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Houblia | le module de stocks du logiciel de production déjà en place |
|---|---|---|
| Unité de compte | Volume et hectolitres degrés, par cuve et par lot | Références, fûts, packs et bouteilles vendables |
| Degré alcoolique | Suivi par lot, degré du produit fini après refermentation | Attribut de la fiche produit, figé pour toute la référence |
| Freintes et sorties sans facture | Motif obligatoire, taux de freinte suivi et comparé | Sortie de stock pour casse, sans qualification fiscale |
| Calcul des droits | Tarif de l’année et tarif réduit petite brasserie indépendante appliqués | Absent, ou taux global saisi une fois puis oublié |
| Destination fiscale | Ventilation consommation, suspension, exportation, vente en cave | Client, dépôt et canal de vente, sans portée fiscale |
| Rapprochement amont | Malt et houblon achetés confrontés aux volumes brassés chaque mois | Stock de matières premières suivi, sans contrôle de rendement |
| Documents d’accises | Document administratif électronique et titre de mouvement issus du lot | Bon de livraison et facture, sans reprise du degré |
| Piste d’audit sur trois ans | Journal de trente six mois exportable, corrections tracées | Historique commercial, souvent purgé ou agrégé |
| Ce qu’il fait mieux | Rien sur la partie commerciale, ce n’est pas son objet | Commandes, consignes de fûts, tournées, tarifs clients et facturation |
Un stock commercial et une balance matières ne décrivent pas la même bière
Le module de stocks devient juste au moment du conditionnement: avant, il ne sait rien. Le moût en fermentation, la cuve de garde, l’assemblage de deux lots et la refermentation en bouteille n’existent pas dans son modèle, alors que ce sont précisément les phases où la matière bouge et où les pertes apparaissent. La comptabilité matières, elle, commence à l’empâtage et suit le volume jusqu’à la sortie.
La différence se voit sur un cas banal. Deux lots assemblés dans une même cuve donnent un degré moyen pondéré, donc une assiette différente de celle de chacun des lots d’origine. Pour le module de stocks, il s’agit d’une seule référence, avec le degré inscrit sur la fiche produit. Pour la déclaration, il s’agit d’un volume à un degré réel, et l’écart entre les deux se retrouve dans la colonne des droits.
Le degré affiché sur la fiche produit n’est pas le degré déclarable
Une référence commerciale porte un degré unique, celui de l’étiquette. Or la même recette, brassée deux fois, ne donne pas exactement le même degré, surtout avec une refermentation en bouteille. Déclarer sur la base de la fiche produit revient à déclarer une moyenne théorique, ce qui fonctionne tant que personne ne mesure. Le jour où un laboratoire mesure, l’écart porte sur toute la période concernée, pas sur un lot.
Le registre matières raisonne à l’inverse: chaque lot porte sa densité finale, son degré mesuré et sa date, et l’assiette se calcule lot par lot. C’est plus fastidieux à écrire, sauf si le degré est saisi une seule fois, au bon moment, à la fin de la fermentation, puis repris partout, jusque dans le document administratif électronique qui accompagnera l’expédition.
Faire cohabiter les deux plutôt que les faire doublonner
L’objectif n’est pas de remplacer votre outil commercial, qui gère très bien les commandes, les consignes de fûts, les tournées et la facturation. L’objectif est d’arrêter de lui demander une réponse fiscale qu’il n’a pas été conçu pour produire. La frontière naturelle passe au conditionnement: en amont, la matière et les degrés, en aval, les références et les clients.
En pratique, le brasseur saisit ses brassins et ses mouvements dans le registre, laisse le module gérer la vente, et rapproche une fois par mois les volumes sortis. Le contrôle blanc sert d’ailleurs à cela: si le module dit que trente huit fûts sont partis et que la balance matières en compte trente six, l’écart apparaît avant le dépôt et non pendant un contrôle.
Quand l’alternative reste le bon choix
Si votre éditeur propose un vrai module accises, paramétré avec le tarif de l’année, le tarif réduit petite brasserie indépendante, les freintes qualifiées et l’édition des documents d’accompagnement, et s’il le met à jour à chaque revalorisation du 1er janvier, doubler l’outillage n’a aucun sens. Le module gagne aussi de loin sur tout ce qui touche au commerce: tarifs clients, consignes de fûts, tournées de livraison et facturation. Sur ces sujets, Houblia ne prétend rien et ne cherche pas à vous en équiper.
Le verdict
Un module de stocks répond à la question du commerçant, combien puis je livrer. La comptabilité matières répond à celle de l’entrepositaire agréé, quel volume à quel degré est sorti et sous quelle destination. Tant que le module ne sait ni suivre un degré par lot, ni qualifier une purge de fond de cuve, ni produire un journal de trente six mois, il ne peut pas porter la déclaration. Faites les cohabiter, avec la frontière au conditionnement.
Questions frequentes
- Puis-je continuer à facturer dans mon logiciel actuel ?
- Oui, et c’est même recommandé. Houblia ne fait ni devis, ni facture, ni gestion de consignes de fûts, ni tournées de livraison. Il tient le registre matières, calcule les droits et produit l’état récapitulatif. Le rapprochement mensuel des volumes sortis entre les deux outils prend quelques minutes et sert de vérification croisée avant le dépôt.
- Mon module suit déjà mes matières premières, est-ce le même travail ?
- Non. Suivre un stock de malt sert à réapprovisionner, rapprocher le malt acheté des volumes brassés sert à défendre un rendement matière. Le second calcul est celui qu’un vérificateur des contributions indirectes lance en premier, sur trois exercices. Un stock juste ne dit rien du rendement, et c’est le rendement qui déclenche une reconstitution.
- Et si ma brasserie produit aussi du cidre ?
- Le cœur de Houblia est la bière, avec son calcul en hectolitres degrés et son tarif réduit propre. Les cidres, poirés et hydromels sont gérés dans un module dédié, avec leurs catégories fiscales et leurs tarifs, car les règles de taxation diffèrent. Une brasserie qui produit aussi du cidre tient ses deux comptabilités matières dans le même compte, avec un état qui distingue clairement les deux catégories.
Houblia ou le module stocks de votre logiciel, que choisir
Un module de stocks répond à la question du commerçant, combien puis je livrer. La comptabilité matières répond à celle de l’entrepositaire agréé, quel volume à quel degré est sorti et sous quelle destination. Tant que le module ne sait ni suivre un degré par lot, ni qualifier une purge de fond de cuve, ni produire un journal de trente six mois, il ne peut pas porter la déclaration. Faites les cohabiter, avec la frontière au conditionnement.