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L’auteur
Jimenez Julien, et la raison très concrète pour laquelle Houblia existe
Je conçois et j’édite des logiciels de métier pour des professionnels français qui portent une obligation déclarative lourde et peu outillée. Houblia est né dans une salle de brassage d’Ardèche, un jeudi soir, devant un classeur ouvert et une échéance à quarante huit heures.
Le jeudi soir qui a tout déclenché
En 2023, je passais une semaine chez une brasserie de la vallée de l’Eyrieux, autour d’un tout autre sujet, la traçabilité de ses achats de malt. Le jeudi soir, la cogérante a sorti un classeur à levier, un carnet de brassage à spirale et un tableur ouvert sur trois onglets, et elle a commencé à reconstituer son mois. Il était vingt et une heures. Le dépôt tombait le lundi suivant.
Ce qu’elle faisait n’avait rien d’une saisie comptable. C’était une enquête. Retrouver le volume réellement soutiré d’une cuve de garde à partir d’une hauteur notée au crayon, deviner si les quatre fûts partis chez le caviste de Privas étaient sortis en droits acquittés ou en suspension, décider quoi faire des trente litres perdus pendant un rinçage mal fermé. Chaque ligne demandait un souvenir. Et le souvenir, en matière de comptabilité matières, ne vaut rien devant un agent des contributions indirectes.
Je lui ai demandé combien de temps cela lui prenait chaque mois. Elle m’a répondu, sans hésiter, qu’elle bloquait la soirée du 9 depuis six ans.
Ce que j’ai observé ensuite, brasserie après brasserie
J’ai passé les dix huit mois suivants à visiter des sites de production entre 200 et 5 000 hectolitres, en Ardèche, dans le Nord, en Bretagne, en Alsace et dans le Sud Ouest, avec une question unique : montrez-moi comment vous tenez votre registre. Personne ne m’a montré la même chose. En revanche, tout le monde m’a montré les mêmes trois failles.
La première est l’unité. Le brasseur travaille en litres, sa cuve est graduée en hectolitres, l’administration attend des hectolitres degrés. Trois systèmes qui se croisent à chaque ligne, et une erreur de conversion qui se propage sur douze déclarations avant que quiconque la remarque.
La deuxième est la sortie non enregistrée. La dégustation du samedi à la cave, les bouteilles données à l’association du village, le fût cassé sur le quai, la purge de fond de cuve. Ce sont toutes des sorties de comptabilité matières, et aucune n’est notée nulle part, parce qu’aucune ne rapporte d’argent. Non justifiées, elles deviennent des manquants, et un manquant se paie au tarif plein.
La troisième est le rendement matière. Le brasseur le connaît de façon intuitive, il sait qu’un brassin donne « à peu près ce qu’il doit donner ». Le vérificateur, lui, le calcule froidement à partir des factures de malt sur trois exercices et le compare aux volumes déclarés. Personne ne s’attend à ce que le contrôle commence par une facture de céréales, et pourtant c’est presque toujours par là qu’il commence.
Les cabinets m’ont donné la deuxième moitié du problème
En parallèle, j’ai rencontré des experts comptables spécialisés dans les boissons alcoolisées. Un cabinet de ce type suit rarement une brasserie, il en suit dix, vingt, parfois quarante. Ce que j’ai entendu chez eux était l’exact reflet de ce que j’entendais dans les ateliers.
Leur collaborateur reçoit un classeur ou un tableur par client, à des formats tous différents, souvent après le 5. Il ressaisit. Il découvre les incohérences au moment où il n’a plus le temps de les traiter. Il relance par téléphone les quatre brasseries qui n’ont jamais rendu leurs chiffres. Et six mois plus tard, au bilan, il trouve une erreur systématique qui traîne depuis un an et il doit dire à son client que ses huit dernières déclarations sont fausses.
C’est là que la forme de Houblia s’est décidée. Un logiciel de brasserie qui ne parlerait qu’au brasseur passerait à côté de la moitié du métier. Le cabinet a besoin de voir tous ses dossiers sur un seul écran d’échéances, de relancer sans décrocher son téléphone, de vérifier avant dépôt et de garder la trace de qui a validé quoi. Le brasseur, lui, a besoin d’un écran qui supporte les mains mouillées et une tablette posée sur un rebord de cuve.
Pourquoi le contrôle blanc est au centre
La plupart des outils de gestion de brasserie s’arrêtent au calcul. Ils font la somme, ils affichent un montant de droits, et ils considèrent leur travail terminé. C’est exactement ce qui ne protège personne.
Ce qui protège, c’est de se poser tous les mois la question que posera le vérificateur : est-ce que ce que j’ai acheté, ce que j’ai brassé, ce que j’ai perdu, ce que j’ai en stock et ce que j’ai sorti forment un ensemble cohérent ? C’est un rapprochement simple à décrire et fastidieux à faire à la main, donc jamais fait. Une machine le fait en trois secondes, chaque mois, et signale les deux lots qui sortent du rang pendant qu’il est encore possible de retrouver ce qui s’est passé.
Le jour où un agent s’assoit dans le bureau, la différence n’est pas dans la qualité du logiciel. Elle est dans le fait qu’il existe un registre continu, tenu au fil de l’eau, avec un auteur, un horodatage et un motif sur chaque ligne, au lieu d’une reconstitution faite après coup.
Ma méthode de conception
Écrire le calcul avant d’écrire l’écran
Chaque montant affiché dans Houblia doit pouvoir être ouvert et décomposé jusqu’à l’opération qui l’a produit. Aucun total n’apparaît sans que l’on puisse remonter aux lignes, aux volumes, aux degrés et au tarif appliqué. Un chiffre que l’on ne peut pas expliquer devant un tiers n’a pas sa place dans un outil déclaratif.
Bloquer plutôt que corriger
Une incohérence détectée avant l’envoi coûte cinq minutes. La même incohérence découverte au bilan coûte une rectification, des explications et parfois un contentieux. Houblia refuse donc de clôturer un mois tant qu’une contradiction n’est pas tranchée, et il le dit en langage de brasserie, pas en code d’erreur.
Respecter le geste de l’atelier
Une saisie qui demande de se déganter, de traverser la brasserie et d’ouvrir un ordinateur ne sera jamais faite au bon moment. Les écrans de saisie sont donc pensés pour une tablette accrochée dans la salle de brassage, avec de grandes cibles tactiles, un contraste fort et des libellés qui reprennent le vocabulaire réel du métier, brassin, garde, soutirage, freinte, mise à la consommation.
Ne rien effacer
Aucune ligne ne disparaît, tout se corrige avec la trace de la correction. C’est la condition d’une piste d’audit qui tient sur trois exercices, et c’est aussi ce qui permet à un brasseur de dire, sans stress, comment une valeur a évolué et pourquoi.
Ce que je ne fais pas
Je ne dépose pas à votre place et je ne me présente pas comme votre conseil fiscal. Houblia produit un état récapitulatif juste, sourcé et vérifiable, et vous restez le déclarant, avec votre expert comptable à vos côtés. Je ne promets pas non plus l’absence de contrôle, ni son issue. Je fournis le registre que le contrôle demande, tenu comme il doit l’être.
Je ne vends pas non plus de module qui prétendrait remplacer votre logiciel de caisse, votre outil de recettes ou votre comptabilité générale. Houblia fait une chose, la comptabilité matières et les accises, et il la fait complètement.
L’éditeur, MLJ
Houblia est édité par MLJ, société par actions simplifiée à associé unique au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837 depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le fondateur, le dirigeant et le directeur de la publication de ce site.
MLJ conçoit et exploite des logiciels de métier destinés à des professionnels français soumis à une obligation déclarative périodique. Le modèle est simple et assumé : un abonnement mensuel, sans engagement de durée, sans paiement en ligne et sans intermédiaire. On se parle, on regarde vos chiffres, et vous décidez.
Les détails d’identification complets figurent dans les mentions légales. Le traitement de vos données est décrit dans la politique de confidentialité.
Ce que j’écris dans Le Registre du Brasseur
Le magazine de Houblia rassemble ce que je vérifie dans les brasseries et dans les cabinets: la tenue du registre, le calcul des droits, les pièces d’un contrôle et le rythme de l’année. Les neuf articles ci dessous sont parus le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne du site, et se lisent dans l’ordre du sommaire.
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Tenir la comptabilité matières de sa brasserie, brassin par brassin
Publié le , environ 8 minutes de lecture.
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Entrepositaire agréé en brasserie: ce que le texte impose vraiment
Publié le , environ 9 minutes de lecture.
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Litres, degrés, freintes: les erreurs qui font tomber une déclaration
Publié le , environ 8 minutes de lecture.
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Classeur, tableur ou registre au fil de l’eau: trois façons de tenir ses matières
Publié le , environ 7 minutes de lecture.
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Un mois de brasserie, du premier brassin au dépôt de la déclaration
Publié le , environ 9 minutes de lecture.
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Contrôle des contributions indirectes: la liste des pièces à sortir
Publié le , environ 8 minutes de lecture.
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Le calendrier de l’année du brasseur entrepositaire agréé
Publié le , environ 7 minutes de lecture.
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Ce que coûte vraiment une comptabilité matières tenue à la main
Publié le , environ 7 minutes de lecture.
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Accises, dématérialisation, contrôles: ce qui change en brasserie
Publié le , environ 8 minutes de lecture.
Le sommaire complet et les images de chaque article se trouvent sur la page du magazine, Le Registre du Brasseur.
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J’écris régulièrement sur la fiscalité des accises appliquée aux petites productions et sur la conception d’outils déclaratifs. Si vous êtes brasseur ou collaborateur en cabinet et que vous voulez discuter d’un cas précis, le plus simple reste le formulaire de contact ou l’adresse jimenezjulien42@gmail.com.